Les interventions des anciens présidents lors de l’AG du 26 avril 2026
Intervention de René VIGOUROUX

1966-2026 : L’UD29 a 60 ans
Merci de donner la parole aux anciens Présidents pour ces 60 ans de l’UD29.
1966 voit naître Sophie Marceau, David Hallyday et bien d’autres. On pourrait aussi parler
du dernier concert des mythiques Beatles à San Francisco ou de la victoire de notre ennemie de toujours, l’Angleterre, dans sa Coupe du Monde de Football, etc ……. mais ce serait juste beaucoup trop long et certainement hors-sujet.
Alors, revenons à nos 60 ans.
« Vieillir c’est embêtant, mais c’est la seule façon de vivre longtemps » écrit Félix Leclerc.
Pour tous ceux qui ont franchi ce cap, et à regarder les crânes dans l’assistance, nous sommes un certain nombre, c’est souvent l’occasion d’un moment festif où proches et amis se rencontrent, se retrouvent, discutent plus ou moins fort de ce qui s’est passé pendant tout ce temps, puis se « donnent rendez-vous dans 10 ans ». C’est exactement ce que nous faisons aujourd’hui. Alors que s’est-il passé pendant 60 ans chez les Donneurs de Sang du Finistère ?
En 1966, la création de l’Union Départementale est très fortement défendue par un homme qui l’a portée, qui l’a profondément marquée : c’est Jean LOZAC’H bien sûr. Le jour de sa création, il s’est vivement opposé à une Association Départementale voulue par Brest qui avait d’ailleurs déjà préparé le papier à en-tête ! Association ou Union, ce n’est pas du tout la même approche.
Mais c’était oublier que Jean Lozac’h était instituteur, donc habitué à faire de la pédagogie.
Après d’âpres échanges, a priori, il fut donc créé une Union Départementale des amicales. Jean a écrit un jour que ce papier à lettres des Brestois lui a longtemps servi de brouillon !
Jean m’a personnellement tout appris du fonctionnement d’une association lorsque je suis
devenu, tout à fait par hasard, Président de l’Amicale de Landerneau en 1976. Et comme je le dis souvent, je revenais de loin ! Imaginez un peu. En 1966, j’avais 15 ans. Penser simplement à une prise de sang, à un vaccin, à la mémorable cuti à l’école me valait une magistrale syncope immédiate. Croyez-moi, j’en ai fait quelques bonnes ! Je n’étais donc prédestiné ni à Donner mon Sang, ni à m’investir pour sa promotion ou la défense de ses valeurs. Mais la vie, parfois, vous réserve d’énormes surprises !
L’un de mes 1ers conseils d’administration de l’UD en 1976 ? Je m’en souviens encore, 50 ans plus tard. Ce jour-là, je subis une attaque virulente d’un Vice-Président de l’UD (membre d’une Amicale du Nord-Finistère et du CA du Comité Régional). Il s’étonnait qu’à Landerneau il y avait 550 donneurs en collecte, et seulement 50 cotisants. Ouaouh ! A l’entendre, la terre allait certainement s’arrêter de tourner. Je n’avais honnêtement jamais mis le nez là-dedans et ce n’était absolument pas ma priorité. J’étais devenu Président à Landerneau par accident. En 1976, au conseil d’administration de formation du bureau, juste après l’assemblée générale, mon prédécesseur nous annonça être muté à Quimper. Il devait donc quitter son poste. Un tout nouveau membre l’apostropha immédiatement en lui demandant s’il avait prévu sa suite. Pris un peu au dépourvu, le Président cita mon nom. Je ne m’attendais pas du tout à cela. Tout de suite, notre énergumène de service me posa la question sur un ton agressif : « alors vous voulez être Président ou pas ? » Pour la suite, je dois vous dire que je suis du signe du Taureau, il parait que ça a son importance. Vous le savez tous : lorsque l’on agite un chiffon rouge devant un taureau, il fonce d’abord et il réfléchit après, peut-être. C’est exactement ce que j’ai fait en répondant oui, mais en ajoutant 1 an pour voir. Je n’y suis resté 21 ans. Mais je m’égare. J’en étais à cette situation compliquée pour moi au CA de l’UD 29. Qui vint immédiatement à mon secours ? Deux personnes : Jean Lozac’h le Président et André Bréchard le Trésorier. Il faut ajouter qu’à cette époque, les débats étaient parfois tendus entre le Nord-Finistère et le Sud qui venait de remporter la guerre de Sécession en créant le Centre de Transfusion Sanguine de Quimper en 1970. Et là encore, le personnage central était Jean Lozac’h. Pour compléter, il faut aussi savoir qu’à Landerneau notre priorité était d’organiser les collectes de Sang, alors que l’amicale de celui qui m’interpellait n’en organisait aucune.
L’UD29 à cette période ? Hum, c’était l’époque héroïque où elle n’avait même pas le budget pour acheter une machine à écrire d’occasion. C’est l’amicale de Concarneau qui transfusait l’UD29 pour qu’elle puisse tout simplement vivre ! En revanche, une volonté de tous les instants pour promouvoir le Don, pour aider les amicales sur le terrain, mais en respectant le domaine de chacun.
En 1984, Jean Lozac’h me demande d’être candidat à la Présidence de l’UD29. Il se lançait dans l’aventure des élections municipales et cantonales et ne voulait pas d’ambigüité. Succéder à Jean, essayer de donner un vrai budget à l’UD, apaiser les tensions nord-sud, mettre en place des formations : encore un gros défi à relever, mais bon, le CA me fit confiance, même si certains se seraient bien vus à ma place.
Premier conseil d’administration : mardi 12 juin 1984. Aïe, aïe, aïe, c’était un crime d’avoir fixé une réunion le jour du match d’ouverture du Championnat d’Europe des Nations de football en France ! Le Président de l’Amicale de Quimper, furieux, arriva en vociférant, sa radio allumée à la main ! Comme entrée en matière, on peut s’attendre à mieux. Il monopolisa la parole en râlant en permanence, pendant un bon moment. Qui vint une nouvelle fois à mon secours ? Jean Lozac’h bien sûr. A ce moment, bien secoué quand même, je me disais que je n’allais certainement pas rester très longtemps à ce poste. Je n’y suis resté que 23 ans, jusqu’en 2007 !
Je ne vais pas vous faire la chronologie complète de ces 23 années, avec les difficultés, les combats menés, les réussites aussi. On les a déjà évoqués à maintes reprises, ce serait donc fastidieux et inintéressant. Je dirai simplement que la vie de l’UD29 n’a jamais été et, je le pense, ne sera jamais un long fleuve tranquille. Nous avons du tempérament dans le Finistère et c’est très bien comme ça.
Depuis 60 ans, cette Union c’est aussi et surtout une belle histoire d’amitié. Quand le moment est venu, un bénévole s’en va, un autre arrive, pas toujours plus jeune mais avec plein d’idées nouvelles, assurant sa pérennité. 60 ans plus tard, c’est rassurant.
Longtemps encore, si elle le souhaite, la Transfusion Sanguine pourra compter sur les bénévoles, les associations, l’Union Départementale. Elle en aura certainement besoin. Même si elle doit bien sûr vivre aujourd’hui avec son siècle fait de plus en plus de technologie, de réseaux sociaux, de communication profondément bouleversée, il restera nos valeurs et nos convictions. Il est de notre devoir de bénévoles de rappeler que le terrain, c’est nous qui le connaissons le mieux, c’est nous qui pouvons semer pour que l’EFS récolte plus tard.
Il ne faut jamais oublier, non plus, que depuis qu’elle existe, la Transfusion Sanguine repose avant tout sur une relation humaine forte, un bien bel exemple de solidarité.
D’un côté, un malade, un blessé a besoin de sang ou de l’un de ses composants pour vivre.
De l’autre, un citoyen comme les autres s’est présenté à une collecte pour en donner, mais ils ne se connaitront jamais car le don est anonyme.
Il n’y aura pas de problème d’argent entre eux car le don est volontaire et gratuit.
Pourtant, entre eux, il y aura toujours la plus belle chose qui puisse arriver à deux êtres humains : c’est LA VIE tout simplement.Merci à tous.
René Vigouroux Président de l’UD29 de 1984 à 2007
Intervention de André BRECHARD

Vous narrer presque 60 années de bénévolat en 10 minutes n’est pas chose facile je vais toutefois tenter l’impossible, non je promets je fais court.
L’histoire commence en 1957 dans une chambre de l’hôpital de la ville close à Concarneau. J’ai 12 ans mon père vient de subir en urgence une grosse intervention chirurgicale. Un ulcère perforé à l’estomac.
« Dédé je veux que tu me fasses une promesse, si je suis en vie je le dois aux médecins et aussi
aux 11 donneurs de sang qui ont permis l’intervention, alors si je n’arrive pas à rembourser ma dette envers ces sauveteurs anonymes, promets-moi de le faire pour moi ».
Que pouvais-je faire sinon répondre favorablement à sa demande J’étais loin de savoir jusqu’où cette promesse allait me mener.
10 ans plus tard je me retrouve dans ce même hôpital pour effectuer mon premier don c’est le début d’un long parcours.
Dans la foulée j’adhère à l’amicale des donneurs de sang bénévoles de Concarneau, je participe
aux activités diverses de l’amicale. Deux ou trois ans plus tard je suis, sans être candidat, nommé au poste de trésorier.
Petite trésorerie qui au fil du temps, des actions, et des idées va devenir importante, si importante que Jean Lozac’h dans le livre « Un parcours d’engagement » dira à sa fille Catherine « l’amicale de Concarneau est plus riche que la Fédération française des DSB » ; c’était la vérité !
A Concarneau ce président emblématique, qui cumule de plus la présidence de l’Union Départementale va tout m’apprendre car je ne sais rien. Son obsession première, trouver de nouvelles collectes, avoir un maillage de terrain plus dense et pour cela il faut créer de nouvelles amicales.
Cette recherche que j’ai entreprise avec lui je l’ai continuée sous la présidence de mon ami René Vigouroux.
Elliant et Moëlan sur Mer furent créés, reçurent la subvention de démarrage mais ne fonctionnèrent réellement que plusieurs années plus tard.
Châteaulin et Briec de l’Odet, Clohars-Carnoët furent opérationnelles immédiatement.
Nous avons réactivé des amicales en sommeil comme Bannalec, Riec sur Bélon, Quimperlé, et
Quimper, parfois à plusieurs reprises.
Plus tard j’ai eu le plaisir de participer aux démarrages des amicales du Pays Bigouden et du pays de Daoulas. Mais je ne suis pas ici pour vous parler de mes activités au sein de l’amicale de Concarneau, mais du rôle que le président me fit jouer à l’UD. En effet à peine avais-je pris les rênes de la trésorerie locale que le grand argentier de l’UD quittait son poste pour raison personnelle. Jean Lozac’h saisit l’occasion et me demanda de postuler, cette responsabilité demandant peu de temps pour s’en occuper … peu de temps c’était à ce moment-là, la suite me prouva le contraire. Première mission trouver de l’argent encore une fois. Je ne vais pas rentrer dans les détails car ce soir nous y serions encore.
Les élus maires, conseillers généraux, députés, sénateurs, rencontrés lors des AG durent écouter nos sollicitations, et la première solution vint de l’une de ces rencontres. Le CTS de Brest nous octroyât une subvention annuelle puis le CTS de Quimper dès sa création. La poire qui calma notre soif d’argent arriva avec l’aide financière que l’établissement régional de transfusion sanguine de Rennes en 20000 donna à chaque Union Départementale nous allions pouvoir aider les associations et amicales à condition de bien gérer.
Tout ce qui n’existait pas encore allait pouvoir se mettre en place progressivement, aide annuelle aux amicales, participation aux déplacements, aux investissements, assurance collective etc.
La mise en place du calendrier édité par l’UD apportait également une aide non négligeable à
chaque asso. qui en faisait l’acquisition.
Problème financier réglé tout est plus facile c’est comme dans un ménage tout roule si on ne se crêpe pas le chignon.
Durant son long mandat René, partisan du visuel pour la promotion du don me laissa mettre en place mes idées. Les siennes n’étaient pas mauvaises, originales.
« Pose tes affiches à l’envers, ou colle les sur le trottoir les gens vont s’arrêter pour le lire ».
J’ai donc cogité.
J’avais lancé le premier calendrier en 1975 et son impact était puissant sur la population, il fallait trouver autre chose plus permanent et identifiant notre action, la première idée fut la SANG%.
Initialement prévue pour les cyclistes mais pratiquée majoritairement par les marcheurs. A cette activité on accrocha un tee-shirt qui au cours des années connu différents slogans.
Puis il y eut les flammes sous deux tailles différentes, les stands de promotion, des visuels identifiables permettant un meilleur contact avec les populations.
Tout était pour le mieux sauf que le désamour qui naissait du coté de Rennes allait créer la démission du président Vigouroux.
« Je crois que j’étais en permanence dans le collimateur des deux présidents que j’ai servi, c’est à toi de prendre ma place me dit-il ».
Le vote tranchera, je fus élu.
Etais-je fait pour être président ?
Je connaissais tous les rouages de l’UD, j’ignorais le fonctionnement de la Région. René m’a donné un seul conseil, il ne faut pas couper les ponts avec Rennes : « on a besoin d’eux ils ont besoin de nous, écoute regarde tu feras la part du pour et du contre ».
J’ai suivi le conseil tout s’est bien passé.
Six années d’une présidence sans problème si ce n’est les départs incompréhensibles de l’UD des amicales de Châteaulin et de Briec.
Aucune explication, rien, aucune revendication, séparation douloureuse mais acceptée. La suite et certains renseignements obtenus laissent penser qu’ils espéraient négocier de Rennes un statut spécial, malheureusement pour eux l’établissement régional ne traite qu’avec les UD.
Cette rupture me laissait un goût amer, un goût d’inachevé.
Avais-je fait une erreur, avais-je blessé quel qu’un je n’ai toujours pas la réponse. Un courrier émanant de Briec concernant un sujet différent me fit leur donner la réponse suivante :
« Nous sommes deux trains roulant en parallèle sur deux voies, notre destination est la même il arrivera qu’un jour nous soyons à nouveau le même train, sur la même voie ».
Durant mon mandat j’ai dû gérer deux attaques personnelles, une par écrit avec des propos immondes, ayant reconnu l’écriture de son auteur la plainte déposée a porté ses fruits, une réponse manuscrite reconnaissant ses torts.
Une seconde attaque sur le net et là je remercie Hubert le Maout, alors mon successeur, qui a menacé l’auteur des faits de tribunal. Là aussi une lettre d’excuse bien conservée au chaud dans les archives de l’UD.
Malgré les aléas, malgré des regrets de n’avoir pas tout bien réalisé je suis heureux de ces presque 60 ans au service d’une cause si importante. J’ai trouvé sur ma route des femmes des hommes œuvrant pour apporter aux autres la santé la vie le sourire.
Merci à vous toutes, à vous tous, je suis fier d’être des vôtres.
André BRECHARD Président UD29 2007-2013
Intervention de Hubert LE MAOUT

Bonjour,
Vous m’avez invité à cette tribune en ce jour de célébration du 60ème anniversaire de l’UD 29 et je vous en remercie.
J’ai été de 2013 à 2022 le 4ème président de cette Union des Amicales et associations du Finistère.
Neuf années qui ont occupé ma vie à plein temps, parce qu’on n’est pas président d’UD de temps en temps, non… Je me suis vite rendu compte que je venais d’endosser une fonction à plein temps qui exigeait une disponibilité et une écoute constantes.
L’UD29 a de particulier d’être composée d’Amicales et d’Associations d’âge et d’expériences différentes acquises au fil de l’histoire-même du mouvement en faveur du Don de Sang, pour certaines donc depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.
A l’époque, que l’on peut qualifier d’années glorieuses, les donneurs venaient par milliers offrir leur sang et cela se transmettait beaucoup dans les familles.
Et puis un jour, l’État a décidé d’organiser tout cela à partir d’un organisme unique qui a pris le nom d’Établissement Français du Sang. C’était en l’an 2000.
Dans le Finistère, où la gestion de la transfusion sanguine était assurée par 2 organes autonomes différents (l’un à Brest et l’autre à Quimper), qui obtenaient chacun d’excellents résultats, cette nouvelle organisation centralisée à Paris ne fut pas accueillie avec plaisir, c’est le moins qu’on puisse dire…
Les associations de donneurs on fait connaître leur désaccord et les débuts de cohabitation ont été houleux ; on peut dire qu’encore aujourd’hui (en tout cas j’ai eu à le constater pendant mon mandat) il en reste des traces.
Un des rôles d’une présidente ou d’un président d’UD est de maintenir la cohésion au sein des associations affiliées…
Je peux témoigner que cela a été pour moi une tâche complexe, particulièrement lors des réformes successives qui ont émaillé les neuf années où j’ai eu à piloter le navire…sur une mer souvent houleuse…
Sans oublier la pandémie de COVID, dont vous-même avez subi les effets dans votre travail sur le terrain.
Ce ne fut donc pas un long fleuve tranquille….
Mais ce que je peux vous assurer, c’est que tout au long de ce parcours, j’ai eu la merveilleuse chance de rencontrer des gens d’une grande richesse humaine partout lors de nos rencontres dans vos amicales, et de partager avec eux des moments précieux.
Vous m’avez apporté beaucoup et vous avez été pour moi le moteur de mon engagement.
Mes meilleurs souvenirs resteront l’accueil que vous m’avez fait et le travail que nous avons accompli ensemble.
Je voudrais témoigner aussi auprès de vous du réel plaisir que mon épouse Anne-Marie avait à m’accompagner chaque fois qu’elle pouvait, pour vous rencontrer elle aussi chez vous, où vous l’avez accueillie avec beaucoup de gentillesse et où elle se sentait bien.
Je conclurai mon propos en vous disant qu’Aujourd’hui je reste convaincu que l’Union est le lien nécessaire qui permet à toutes nos associations de vivre et d’avancer ensemble…
Et que de nos jours, plus généralement, le vivre ensemble devrait être plus que jamais le but de la société humaine…
Il y a du travail à faire !
Alors : Honneur aux femmes et aux hommes de bonne volonté, et Vive l’UD 29 !
Hubert LE MAOUT Président UD29 2013-2022